Portrait d’Alumni : Edgar Airapetian, diplômé MIX 2010


Pourriez-vous nous présenter votre parcours universitaire?
Après avoir gouté aux plaisirs d’une Classe préparatoire Maths-Physique, je souhaitais m’orienter vers une formation assez généraliste autour de la mécanique/électronique/Info, automatismes.
Bien que la notion de la mécatronique soit introduite dans les année 60-70 à l’étranger et notamment au Japon, ce domaine n’est « arrivé » en France que début des années 2000 se forgeant sa place parmi les formations dites traditionnelles.
Mon orientation s’est naturellement portée vers cette nouvelle filière émergente dont la particularité résidait dans le fait qu’elle restait à la fois généralise mais aussi assez centrée sur des domaines précis qui m’intéressaient.
Il y a encore quelques années beaucoup d’établissements ne proposait la spécialité Mécatronique qu’à partir de la 2ème voire même la 3ème année du cursus d’ingénieur. Présentant un bon classement au niveau national et ayant la particularité de proposer la spécialité Mécatronique dès la 1ère année du cycle d’ingénieur, mon choix s’est porté sur l’ENSIL dont je suis sorti diplômé en 2010.
Je me rappelle encore la réaction de mes proches lorsque j’ai annoncé que j’allais faire des études à Limoges. Pour un parisien ce n’était pas courant :-).
Finalement, ce furent de superbes années étudiantes au sein d’un établissement offrant un excellent niveau de formation et une ville très agréable.
Dans la continuité de mon projet de fin d’études, on m’a proposé d’élargir le périmètre de l’étude dans le cadre d’un doctorat. Cette proposition bien que très intéressante et valorisante n’était malheureusement pas dans mon projet professionnel et personnel, car à l’époque j’avais déjà des projets d’entrepreneuriat et m’intéressais beaucoup, entre autres, aux aspects juridiques de ce genre d’activité.
L’offre de formation à distance proposée par la faculté de Droit à la Sorbonne m’a permis de suivre des études juridiques en parallèle de mon parcours professionnel. Je fus diplômé d’un Master en Droit des Affaires venant compléter ma formation technique d’ingénieur.

Une fois diplômé, quel a été votre parcours professionnel ?
Après avoir découvert le monde professionnel au sein de différentes entités du Groupe Airbus dans les domaines des télécommunications et de réparation d’équipements, je me suis orienté vers les technologies par fabrication additive qui étaient une innovation révolutionnaire et dont on prédisait la démocratisation et l’utilisation dans tous les domaines industriels (ce qui est confirmé aujourd’hui).
Par la suite, une opportunité s’est présentée à moi au sein d’un très grand groupe dans le domaine automobile conciliant mes souhaits professionnels et les impératifs personnels. J’ai intégré la branche Visibilité du Groupe Valeo en tant qu’ingénieur mécatronique pour des travaux de développement de moyens de production. Ensuite, j’ai été nommé responsable de développements des moyens de test au niveau mondial. De par la forte dimension internationale du poste (Chine, Europe de l’Est, Amérique du Sud etc…) je fus amené à piloter des équipes décentralisées et des fournisseurs/Intégrateurs à l’étranger. Cela fut pour moi une expérience très enrichissante aussi bien sur le plan technique, culturel, managérial et humain.
Afin de concilier une fois de plus mes projets professionnels et impératifs personnels j’ai intégré le Groupe Thales, société française à la pointe des hautes technologies, en tant que Chef de projet moyens de tests et de simulations. La richesse des projets au sein du groupe m’a permis d’évoluer dans des domaines divers et variés et de travailler sur des systèmes de haute technicité intégrés aux fleurons de l’industrie française tels que, par exemple, le Rafale ou le porte-avions Charles de Gaulle.
Passionné par mon activité et en forgeant mon parcours professionnel, j’ai toujours gardé dans un coin de ma tête mes réflexions sur la création de ma propre entreprise. Conscient que ce genre de projet nécessitait de mûres réflexions et d’énormes investissements personnels, j’ai décidé de me lancer dans cette aventure en créant Amadis-Consulting en 2018.

Aujourd’hui PDG d’Amadis Consulting, pourriez-vous nous présenter votre société, ses missions et ses perspectives d’évolution ?
Issue de la pépinière du groupe THALES, Amadis-Consulting est une société de conseil et d’ingénierie en haute technologie spécialisée dans les domaines, de test, de simulation, d’automatisation des systèmes électroniques et mécaniques.
Vous savez, aujourd’hui malheureusement beaucoup d’entreprises pensent avant tout « chiffre » plutôt que « qualité ». En fondant Amadis-Consulting j’ai souhaité que la satisfaction du client soit une priorité absolue. C’est aujourd’hui inscrit dans notre ADN et nous travaillons tous les jours en ce sens. Ce que recherchent nos clients, c’est avant tout un partenaire fiable répondant à leurs besoins avec réactivité et des solutions innovantes. Forts de notre équipe d’experts de longue expérience, c’est dans cet objectif que j’ai créé Amadis-Consulting et la spécialisée dans les domaines où notre savoir-faire est déjà reconnu par nos clients.
Notre offre s’articule autour de prestations à différentes étapes du cycle en V en commençant par l’assistance à l’expression du besoin jusqu’à la qualification finale, la formation et le Maintien en Conduite Opérationnelle (en passant par la spécification, réalisation et la validation). Nous accompagnons également nos clients dans la gestion de leurs projets et fournisseurs aussi bien au niveau national qu’international (Russie, Chine, Pologne, Roumanie etc…). Je suis d’ailleurs Expert Judiciaire auprès la Cour d’Appel de Limoges, cela permettant de proposer des solutions clé en main à l’international comprenant, outre les aspects techniques, la rédaction, la traduction et l’authentification de documents aussi bien juridiques que techniques afférents au projet.
Nous sommes fiers d’avoir su gagner la confiance de nos clients, et parmi eux des grands groupes de renommée internationale comme par exemple Thales, Nexter, Safran ou encore Airbus, que nous accompagnons sur des projets innovants et avant-gardistes.
Aujourd’hui, nous sommes pleinement impliqués dans le programme d’armement SCORPION qui permettra à l’armée de Terre de maintenir sa supériorité opérationnelle et qui vise à renouveler et moderniser des capacités de combat autour de nouvelles plateformes et d’un système d’information de combat unique.
Qu’il s’agisse de maintenance prédictive, de simulations, d’intelligence artificielle ou de systèmes mécatroniques (pour ne citer qu’eux) la diversité de projets passionnants sur lesquels nous travaillons, offrent à nos collaborateurs des perspectives d’évolution dans des domaines innovants au sein de différents secteurs industriels (aérospatial, automobile, défense…). Ce que je trouve également remarquable et très enrichissant, c’est le travail au contact avec différentes sociétés dont les cultures d’entreprise sont sources de développement personnel.
Et enfin, je souhaiterais dire quelques mots sur nos objectifs court et moyen terme. Portés par notre dynamisme et pour soutenir notre croissance, nous allons continuer à renforcer nos équipes avec des talents de profils différents. Nous venons d’ailleurs d’embaucher un ensilien pour intégrer notre équipe simulation pour nos projets de Défense. J’adresse donc un message important à destination des futurs et anciens diplômés : n’hésitez pas à nous faire parvenir votre CV et candidature. Des travaux de développement de la société dans le sud-ouest sont également en cours afin de répondre au besoin de proximité avec nos clients.

Quelles sont les qualités que vous attendez d’un ingénieur/collaborateur ? et quels conseils donneriez-vous à un jeune ingénieur ?
Je souhaiterais citer un professeur de l’ENSIL qui nous disait que dans la vie professionnelle les plus grands problèmes qu’il nous faudrait résoudre ne seront pas mathématiques, ni physiques, mais plutôt humains.
Les qualités humaines et la capacité d’intégration au sein d’une équipe sont pour moi des éléments indispensables pour un ingénieur. Seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin. Outre les compétences techniques, c’est un esprit de « team player » que j’attends d’un ingénieur capable d’apporter sa pierre à l’édifice.
La curiosité, dans le bon sens du terme, est également une grande qualité pour un ingénieur lui permettant de repousser son périmètre de connaissances et d’en acquérir de nouvelles.
Le conseil que je peux donner à un jeune ingénieur c’est d’être acteur (et pas spectateur) de son parcours professionnel en s’appliquant dans les tâches qui lui sont confiées pour fournir un travail de qualité tout en apprenant tous les jours.

Pour finir, auriez-vous un souvenir de votre passage à l’école à partager avec nous ?
Il m’est quelque peu difficile d’isoler un seul souvenir de mon passage à l’ENSIL tant les trois années furent riches en évènements. Qu’il s’agisse du premier jour d’accueil, au sein des 3 amphithéâtres réunis, l’agitation et l’effervescences autour des travaux de projets jusqu’à très tard le soir pour faire aboutir notre réalisation, les soutenances, les cours techniques, de communication (avec les jeux de rôle :-)), ou de langues pour la préparation et le passage du TOEIC, je garde d’excellents souvenirs riches en enseignements.
Et enfin, la cérémonie de remise de diplômes vient couronner les efforts fournis pendant des années et nous fait tourner notre regard vers la vie professionnelle.
Pour terminer, je souhaiterais remercier la direction et le personnel de l’ENSIL-ENSCI de m’avoir soutenu et permis de réaliser cette interview, nos clients pour leur confiance et encouragements à nos débuts, ainsi que toutes les personnes m’ayant aidé, encouragé et soutenu dans cette aventure que j’espère sera longue.

Merci Edgar pour votre partage d’expériences et longue vie à Amadis Consulting !